Fan2polar mais pas que ...

Fan2polar mais pas que ...

FLYNN Gillian - Les apparences

 

flynn.jpg


Pourquoi ce livre ?

 

"Tu n'as pas lu Les apparences ???" Je ne saurais dire combien de fois j'ai entendu cette interrogation - à lire avec un étonnement dans la voix frisant parfois l'apoplexie - depuis 2012 ! Venant parfois de personnes dont le rythme de lecture atteint, bon an mal an, 5 ou 6 livres, j'avoue que cela a pas mal retardé mon envie de lire ce roman. Mais j'ai fini par céder ou, plutôt, par me convaincre que se cachait peut-être derrière ce succès, une excellente surprise. Et, au pire, je pourrais enfin répondre "Si, si, je l'ai lu et je n'ai pas aimé !" ! Il n'y a pas de petit plaisir ...


 De quoi ça parle ?

 

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

 


 

Ce que j'ai à en dire après lecture ?

 



Quel est l’imbécile qui a eu la lumineuse idée de traduire le titre original – Gone girl – par Les apparences ? Voilà la question que je me suis posée en commençant ce thriller ! Comment peut-on appeler un livre Les apparences quand on veut happer l’attention du lecteur ?

Parce que, excusez-moi, mais la première chose à laquelle je pense avec ce choix de titre, c’est "les apparences sont souvent trompeuses", "l’habit ne fait pas le moine" et une multitude de dictons du même acabit. Du coup, je sais que je ne dois pas me fier à ce que je vais lire et, franchement, cela gâche pas mal l’effet de surprise, non ? Les premiers chapitres "ping pong" entre le présent du mari dont la femme a disparue et le passé de la femme disparue par le biais de son journal intime m’ont donc trouvée dans un léger état d’agacement … puisque je savais que tout cela n’était qu’apparence ! Seul point positif à cette connaissance, cela retirait l’étiquette "thriller" - au sens d’angoissant – et cela laissait supposer un roman tourné vers l’aspect psychologique de ces "fameuses apparences".

 

 

Mais, fort heureusement, Gillian Flynn m’a très vite fait oublier ce choix malencontreux de titre français ! Car, malgré une construction narrative quelque peu banale – disons, classique - j’ai été conquise par le style de l’auteure quasiment dès les toutes premières pages. Non pas que son style soit si particulier que cela mais il y a une réelle  construction psychologique des personnages qui rend fortement addictive la lecture de ce roman.

 

En effet, il nous entraîne dans un tourbillon de mensonges où la perversité prend de l’ampleur chez chacun des protagonistes au fur et à mesure que l’intrigue avance. C’est une véritable symphonie machiavélique qui se joue sous nos yeux, la baguette de chef d’orchestre changeant régulièrement de mains. En choisissant de ne pas céder au doux chant du serial killer sanguinaire – ce dont je la remercie vivement - Gillian Flynn fait preuve d’une grande maîtrise dans l’art du faux-semblant, dans la radiographie d’une société où le paraître et le posséder dominent les rapports humains – même dans leur aspect amoureux -  dans l’analyse des méandres d’une folie destructrice et pourtant volontairement choisie. Ici, ce n’est pas tant l’intrigue qui importe mais plutôt les chemins parcourus par les protagonistes …

 

 

L’écriture de l’auteure est très cinématographique, rythmée, sans temps mort et parfaitement adaptée à chacun de ses personnages. Tout cela renforce le sentiment d’être manipulé, passant de l’un à l’autre dans une sorte de valse quelque peu schizophrénique. Je me suis beaucoup amusée à détester l’une et à trouver l’autre un peu "mou du genou". Et je crois que c’est le signe d’un roman réussi que de finir par nous faire croire que les personnages sont bien réels et que nous pourrions nous laisser aller à leur dire ce que nous pensons d’eux. Non ?

 

 

Je ne vous ferais pas l’affront de vous demander si vous avez lu Les apparences mais je me permettrais de vous dire que vous devriez aller voir de quoi il en retourne car, si derrière toute barbe il y avait de la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes (proverbe arménien).

 

A bon entendeur …

 

 

 

 

Ma note : 17/20

 

 


 

capture.jpg

 

Banniere-dames-en-noir.png

 

 

 

 

 

 

 



08/02/2017
20 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 38 autres membres