Fan2polar mais pas que ...

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JOMAIN Sophie - Quand la nuit devient jour

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Pourquoi ce livre ?

 

Ne connaissant pas l'auteure et n'ayant aucune attirance particulière pour l'origami, c'est uniquement le sujet abordé dans ce roman qui a attiré mon attention. L'euthanasie active assistée ... voilà un sujet qui reste encore tabou pour la grande majorité d'entre nous ! Certains pays proches de nous, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas entre autres, ont déjà franchi le cap de la légalisation de ce que nous pourrions appeler le "suicide assisté". En France, l'affaire Vincent Humbert a certainement été la plus médiatisée où pro et anti euthanasie se sont exprimés. J'ai encore en mémoire le combat de cette mère luttant pour le droit à mourir dignement de son fils !

Particulièrement sensible à ce débat, je me devais donc de lire ce roman même si je ne peux m'empêcher de penser que les écueils sont très nombreux et que faire une bonne "fiction" sur un sujet aussi épineux relève de la gageure ...

 


  De quoi ça parle ?

 

On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.
J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée.


 Ce que j'ai à en dire après lecture ?

 



 Tout en restant une lecture agréable, mon intérêt pour ce roman a décliné au fil des pages. Malheureusement, pour moi, Sophie Jomain n’a pas su garder le cap qu’elle semblait s’être fixé en commençant son récit. Elle a, peu à peu, cédé au doux appel des sirènes et s’est orienté vers les doux rivages de la romance oubliant quelque peu sa destination première. Du moins, celle qui m’avait fait prendre un billet pour le "voyage" …

 

Pourtant, tout s’annonçait très bien et j’avoue même que j’ai été très étonnée, et réellement touchée, pendant plus de la moitié du livre, à la fois par l’écriture de l’auteure et par son traitement de ce sujet fort. Écrit à la première personne, sans aucun pathos, sans jugement ni atermoiement inutile, ce roman nous met au cœur du parcours de vie de Camille, une jeune fille comme toutes les autres. Elle nous explique par des mots simples ce qui fait qu’elle a choisi de mourir, sa souffrance à vivre tout simplement. Et ses mots éclairent peu à peu la noirceur de ses maux …

 

Je suis en désaccord avec la vie depuis que je suis toute petite. Je n’ai jamais compris le sens de mon existence, bien que mes parents m’aient offert tout ce dont j’avais besoin pour vivre heureuse. Ils étaient aimants et généreux. 

 

Personne ne veut croire qu’on ne peut rien faire contre la maladie, à plus forte raison s’il s’agit de la dépression. Mais moi, je compte les jours. 

 

En lisant Camille, je "comprenais" son choix. Je suis pour l’euthanasie passive, je trouve insupportable la souffrance vécue par certains malades et leurs proches. Quand il n’y a plus aucun espoir d’amélioration, quand il n’est plus question que d’attendre la fin, quand il ne reste plus rien que la lente déchéance d’un corps … mais quand c’est l’esprit qui est en train de mourir, suis-je pour ce "suicide assisté" ?

Sophie Jomain n’apporte aucune réponse évidemment mais elle ouvre le questionnement et laisse chaque lecteur répondre, ou essayer de répondre en son âme et conscience.

 

Mais, là où j’aurais aimé que la parole soit donnée à d’autres personnages - les parents de Camille tout particulièrement - pour avoir un autre point de vue, les mots de Camille vont glisser vers une problématique qui, à mon sens, fait perdre toute sa profondeur, ou presque, au roman. À partir de ce moment, j’ai continué de lire Camille plus par affection que par intérêt, je ne voulais pas l’abandonner en cours de route après les émotions qu’elle avait suscitées en moi mais, sincèrement, je me moquais un peu de savoir comment cela allait finir.

 

Vous allez peut-être trouver ma conclusion paradoxale mais je vous invite fortement à lire Quand la nuit devient jour ! Car, même si je lui trouve des imperfections, je suis persuadée que vous trouverez dans ce roman de quoi vous interrogez sur ce sujet délicat qu’est l’euthanasie …   

 

 

 

 

Ma note : 14/20

 

 


 

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07/01/2017
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